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législatives - décembre 1998
IDDA-Infos
n°189
DÉCODEUR
CEEFAX - TVA
Réponse à la question écrite Sénat n°
7963 du 30 avril 1998 de Mme Marie-Claude Beaudeau.
IDDA a publié ci-dessous le texte intégral de la question
et de la réponse.
Question :
Mme Marie-Claude Beaudeau attire l'attention de M. le ministre de l'économie,
des finances et de l'industrie sur les difficultés d'accès
des sourds, devenus sourds et malentendants aux programmes télévisés.
Elle lui rappelle que les 3,5 millions de personnes devenues sourdes
ou malentendantes et les 100 000 personnes sourdes de naissance ne peuvent
accéder aux émissions audiovisuelles que par l'intermédiaire
de la langue des signes ou par le sous-titrage. Elle lui rappelle qu'il
existe un système de sous-titrage de vidéocassettes nommé
"closed caption" nécessitant un décodeur spécial
CEEFAX soumis à un taux de taxe sur la valeur ajoutée
(TVA) de 20,6 %. Cet appareil de décodage étant manifestement
un produit de première nécessité, en particulier
pour les personnes devenues sourdes et malentendantes, elle lui demande
s'il envisage de soumettre ces produits au taux réduit de 5,5
%.
Réponse:
L'article 278 quinquies du code général des impôts
soumet au taux réduit de 5,5 % de la taxe sur la valeur ajoutée
les appareillages conçus exclusivement pour les personnes handicapées
en vue de compenser des incapacités graves. Le système
de sous-titrage de vidéocassettes "closed caption"
permet à son utilisateur de faire apparaître, s'il le souhaite,
le sous-titrage de vidéocassettes spécialement conçues
à cette fin. À cet égard, il ne se distingue pas,
pour l'utilisateur, de vidéocassettes sous-titrées telles
que celles qui sont utilisées, notamment, dans l'enseignement.
L'application du taux réduit de la taxe sur la valeur ajoutée
excéderait donc l'intention du législateur dès
lors que le système décodage "closed caption"
ne présente pas de spécificité telle qu'il puisse
être considéré comme exclusivement conçu
pour des personnes handicapées, mème s'il est intéressant
pour les personnes sourdes on malentendantes. il relève donc
du taux normal de 20,6 % de la TVA. Cela étant, le Gouvernement
est attaché à améliorer la vie des personnes handicapées
et c'est pourquoi il a annoncé qu'il soumettrait au Parlement,
lors du prochain projet de loi de finances, une mesure de baisse à
5,5 % du taux de la TVA pour les appareillages spécifiques, destinés
aux personnes diabétiques ou stomisées.
J.O S(Q) n° 35 du 3 septembre 1998.
AUDIOVISUEL
- SOUS-TITRAGE
Réponse aux questions écrites Assemblée Nationale
n° 16308 du 29 juin 1998 de M. Hubert Grimault, n° 16946 du
13 juillet 1998 de M. Jean-Michel Marchand, n° 17235 du 20 juillet
1998 de M. Dominique Dupilet et n° 17265 du 20 juillet de M. André
Aschîeri.
JDDA publie ci-dessous le texte intégral des questions et de
la réponse.
Ouestion n° 16308 :
M. Hubert Grimault demande à Mme la ministre de la culture et
de la communication, de lui préciser les mesures qu'elle compte
prendre vis-a-vis des chaînes de télévision nationales
de service public afin de favoriser le sous-titrage d'émissions,
notamment au bénéfice des malentendants et devenus sourds.
Actuellement, ce nombre d'émissions sous-titrées est très
limité, environ 20 % seulement des émissions, ce qui engendre
un sentiment de discrimination chez ces personnes. A l'instar de ce
qui se passe chez nos voisins européens, où une véritable
prise en compte de ce handicap existe, il lui demande de lui indiquer
la manière dont elle compte procéder pour permettre à
ces citoyens comme les autres de pouvoir bénéficier de
l'outil télévisuel.
Question n° 16946:
M. Jean-Michel Marchand attire l'attention de Mme la ministre de la
culture et de la communication sur les risques liés à
la création d' une chaîne télévisée
spécifique aux sourds et malentendants. En effet, courant 1997,
un institut spécialisé a procédé à
un sondage commandé par la société TV Pilot. Le
questionnaire interrogeait sur le contenu possible d'une telle chaîne,
mais également sur les modalités de participation financière
des déficients auditifs à son fonctionnement. Beaucoup
d'associations se sont émues de ce projet, considérant,
à juste titre, qu'une chaîne spécifique conduirait
les déficients auditifs à la ghettoïsation De plus,
les déficients auditifs assujettis à l'impôt sur
le revenu paient une redevance sur l' audiovisuel, alors qu'ils n' ont
accès qu'à 20 % seulement des émissions du secteur
public. plutôt que de créer une chaîne spécifique
pour les sourds et malentendants, pourquoi ne serait-il pas envisagé
d'inscrire au cahier des charges de toutes les chaînes publiques
et privées l'obligation de sous-titrer l'ensemble de leurs émissions
? C'est pourquoi, il souhaite connaître les mesures que le Gouvernement
compte prendre pour corriger ces inégalités.
Question n° 17235 :
M. Dominique Dupilet attire l'attention de Mme la ministre de la culture
et de la communication sur la nécessité de sous-titrer
les émissions au bénéfice des malentendants. Dans
la mesure où le nombre des émissions diffusées
par les chaînes nationales est très limité, c'est
un sentiment d'injustice des personnes intéressées qui
se fait entendre. En conséquence, il souhaiterait connaître
les intentions du Gouvernement dans ce domaine. Question n° 17265
M. André Aschieri attire l'attention de Mme la ministre de la
culture et de la communication sur le problème du sous-titrage
à la télévision pour les sourds et les malentendants.
il souhaite en particulier savoir si elle compte prendre vis-à-vis
des chaînes de télévision du service public des
mesures particulières. Actuellement, le nombre d' émissions
sous-titrées est très limité, environ 20 % seulement
des émissions. Si certaines mesures ont déjà été
prises, par exemple lors de la diffusion des questions au Gouvernement
le mardi et le mercredi, il n'est pas possible de dire qu'il existe
une véritable prise en compte de ce handicap. il lui demande
donc de lui indiquer les mesures qu' elle entend prendre pour permettre
à ces citoyens de bénéficier de l'outil télévisuel.
Réponse :
La ministre de la culture et de la communication indique à l'honorable
parlementaire qu'elle partage ses préoccupations relatives au
sous-titrage des émissions au bénéfice des malentendants.
En ce qui concerne les chaînes publiques de télévision,
elles s'efforcent d'ores et déjà d'adapter au mieux les
conditions de diffusion des programmes aux difficultés des personnes
sourdes et malentendantes. Elles interviennent en effet par des procédures
et des aménagements techniques qui vont au-delà des obligations
qu'imposent les cahiers des missions et des charges aux chaînes
publiques. Ainsi, pour l'année 1997, France 3 a sous-titré
plus de 600 heures de programmes. France 2, pour sa part, a pu consacrer
plus de 1 000 heures d'émissions au sous-titrage. Cette chaîne
rediffuse également, en horaires décalés, des programmes
de France 3 et participe aussi à la diffusion en sous-titrage
d'oeuvres cinérnatographiques en proposant des reprises de films
ou téléfilms produits par la télévision
suisse romande. La Cinquième programme également un magazine
hebdomadaire d'une durée de trente minutes intitulé "L'Oeil
et la Main", qui est ensuite multidiffusé. Ce magazine d'information
propose, à l'aide du sous-titrage Ceefax ou du langage gestuel,
actualités et conseils pratiques destinées en priorité
aux malentendants. Arte, chaîne culturelle européenne,
dont les programmes sont le plus souvent diffusés simultanément
en deux langues, diffuse également un ensemble d'oeuvres en version
originale avec sous-titrage en français. Le Conseil supérieur
de l'audiovisuel poursuit pour sa part des négociations avec
les chaînes privées TF 1 et M 6, auxquelles il a demandé
de faire un effort tout particulier pour le sous-titrage à destination
des personnes sourdes et malentendantes. D'ores et déjà
TF 1 sous-titre certaines de ses émissions. M 6, pour Sa part,
n'a pas encore pris d'engagement, estimant que cet investissement représente
un coût qu'elle ne peut actuellement assumer. Canal Plus, dans
le cadre de la multi-diffusion de ses programmes, diffuse des films
en version originale sous-titrés. Par ailleurs, la ministre de
la culture et de la communication rappelle à l'honorable parlementaire
que le Gouvernement, particulièrement sensible aux difficultés
que peuvent rencontrer les personnes malentendantes pour suivre les
émissions de télévision, a accueilli favorablement
la proposition faite par la délégation du bureau de l'Assemblée
nationale chargée de la communication, consistant en la mise
en place d'un sous-titrage de tous les documents vidéo d'information,
qui permet notamment la retransmission télévisée
sous-titrée du travail parlementaire. Enfin, la ministre de la
culture et de la commuication a engagé avec le secrétaire
d'État à l'industrie une réflexion sur le développement
de la télévision numérique hertzienne, dont les
caractéristiques techniques permettent, notamment, d'accroître
très sensiblement les possibilités de sous-titrage.
J.O AN (Q) n° 36 du 7 septembre 1998
LSF
- ENSEIGNEMENT - FRANCHE-COMTE
Réponse aux questions écrites Assemblée Nationale
n° 13976 du 4 mai 1998 de M. Jean Charroppin et na 14390 du 18 mai
1998 de M. Jacques Pélissard.
JDDA publie ci-dessous le texte intégral des questions et de
la réponse.
Question n°13976:
M. Jean Charroppin appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation
nationale, de la recherche et de la technologie sur les préoccupations
exprimées par les parents d'enfants déficients auditifs
scolarisés en Franche-Comté. En effet, la langue des signes
française est largement et officiellement reconnue afin de dispenser
dans les meilleures conditions un enseignement de qualité aux
enfants atteints de ce handicap. Or, la décision de supprimer
l'unique classe bilingue de Franche-Comté vient d'être
prise pour des raisons budgétaires et d'effectifs considérés
insuffisants par les autorités académiques. Les conséquences
de cette décision, Si elle venait à être confirmée,
en seraient le transfert le plus souvent lointain des enfants déficients
auditifs vers des CLIS moins spécialisés au regard de
leur handicap. Il lui demande donc s'il entend faire procéder
au réexamen de la situation de la classe bilingue d' île-de-France"
de Besançon et de lui indiquer les orientations envisagées
pour favoriser sur le plan national l'organisation scolaire des enfants
souffrant de problèmes auditifs.
Question n° 14390 :
M. Jacques Pélissard appelle l'attention de M. le ministre de
l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie sur
la situation scolaire des enfants sourds en Franche-Comté. Une
classe spécialisée pour les sourds (CLIS 2) doit être
fermée à la prochaine rentrée à Besançon
compte tenu d'une baisse des effectifs. Or, il semblerait que cette
décision puisse remettre en cause à terme l'exigence des
classes spécialisées en question sur la région
Franche-Comté, ce qui ne manquerait pas de porter un lourd préjudice
aux enfants les plus en difficulté. Les enfants victimes du handicap
de surdité sont très souvent maintenus en milieu scolaire
ordinaire. Lorsqu'ils sont en situation d'échec prolongé,
les enfants sourds, du Jura en particulier, sont orientés vers
les CLIS 2 de Besançon. La suppression d'une classe ferait dès
lors se côtoyer des enfants de niveaux scolaires très hétérogènes,
avec des modes de communication très différents, au détriment
par conséquent de la cohérence donc de la qualité
de l'enseignement proposé. Au regard de ces éléments,
il souhaite dès lors alerter le Gouvernement et lui demande sa
position sur ce dossier.
Réponse :
L'affectation de l'ensemble des emplois de l'enseignement du premier
degré relève de la compétence des autorités
académiques qui répartissent, après consultation
des organismes et des partenaires intéressés, les moyens
qui leur sont alloués, en fonction des priorités départementales.
Le dispositif d'accueil des enfants déficients auditifs a fait
l'objet d'un examen approfondi lors des travaux préparatoires
de la carte scolaire. Pour la rentrée scolaire 1998, l'inspecteur
d'académie directeur des services départementaux de l'éducation
nationale du Doubs a effectivement décidé la suppression
d'un emploi d'instituteur spécialisé à l'école
Ile-de-France à Besançon et le transfert des cinq élèves
de cette classe d'intégration scolaire (CLIS) à projet
langue des signes française (LsF) vers l'école de Vieilles-Perrières
à Besançon. Cette école dont les caractéristiques
et la taille permettent une meilleure intégration fonctionnera
donc avec deux CLIS - l'une de cinq élèves à projet
LSF et l'autre de six élèves à projet oral et langage
parlé complété LPC).
J.O AN(Q) n° 3l du 3 août 1998