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législatives - février 1999
BILINGUISME
- SCOLARITE EN LS
Le 27 juillet 1998, Claude ALLEGRE, Ministre de lEducation nationale,
de la recherche et de la technologie, a adressé la réponse
suivante à Monsieur Christian BERGELIN, député
de Haute Saône, qui lui avait adressé une question sur
l'enseignement bilingue et sur la reconnaissancede la LSF.
Réponse :
Vous avez bien voulu appeler mon attention sur la situation des jeunes
sourds et les difficultés quotidiennes auxquelles ils sont confrontés,
ainsi que sur l'intérêt qu'il y aurait à reconnaître
et à enseigner la Langue des signes française.
L'intégration des élèves présentant un handicap,
et notamment un handicap auditif, en milieu scolaire ordinaire constitue
une des priorités de la politique du ministère de l'éducation
nationale, de la recherche et de la technologie qui, dans le prolongement
de la loi du 30 juin 1975 en faveur des handicapés et de la loi
d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, s'est attaché
à mettre en place des actions visant à favoriser la scolarisation
de ces élèves au collège et au lycée.
La scolarisation de ces élèves passe par l'exigence d'un
niveau minimum de communication et de maîtrise de la langue française.
Elle suppose aussi que puisse s'exercer pour eux et pour leurs familles
le choix du mode de communication.
En effet, la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 précise dans
son article 33 que : "dans l'éducation des jeunes sourds,
la liberté de choix entre une communication bilingue - langue
des signes et français - et une communication orale est de droit".
Le décret n° 92-1132 du 8 octobre 1992 et la circulaire n°
93-201 du 25 mars 1993 précisent les conditions dapplication
de l'article 3 et notamment les
conditions du choix de l'exercice du mode de communication. Le mode
de communication bilingue se caractérise par l'apprentissage
et l'utilisation de la langue des signes française en association
au français. Elle inclut la communication orale dont l'apprentissage
et l'utilisation visent à la pleine maîtrise de la langue
française en s'appuyant sur un ensemble d'aides techniques en
particulier les prothèses auditives, le langage parlé
complété (LPC), la méthode verbo-tonale. La circulaire
n° 87-273 et 87-08 du 7 septembre 1987 sur l'organisation pédagogique
des établissements publics, nationaux, locaux et des
établissements privés accueillant des enfants et adolescents
atteints de déficience auditive sévère ou profonde
indique que la démutisation et l'apprentissage du langage oral
par tous les enfants sourds sont des impératifs pédagogiques
absolus.
La langue des signes est toujours utilisée associée au
français et ne peut être étudiée pour son
seul objet.
Cette position s'appuyant sur la réglementation en vigueur édictée
conjointement avec le ministère de l'emploi et de la solidarité
dont elle rejoint la préoccupation en ce domaine, a été
exprimée à de nombreuse reprises dans les groupes de travail
en partenariat mis en place par la délégation interministérielle
aux personnes handicapées.
En outre, il apparaît que cette demande ne reflète pas
la position de l'ensemble du mouvement associatif regroupant des personnes
atteintes de handicap auditif. Nombre de familles sont convaincues que
l'intégration impose l'apprentissage et la maîtrise des
techniques de lecture labiale, de la méthode verbo-tonale, du
français signé ou du langage parlé complété.
Il n'est pas envisagé actuellement de reconnaître la langue
des signes française comme une langue vivante.