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législatives - mars 1999
IDDA-Infos
n°192
LOI
DE FINANCES 1999 - TELECOMMUNICATIONS - TARIFS.
Suite de la discussion d'un projet de loi (Deuxième partie)
M. le Président. - L'ordre du jour appelle la suite de
la discussion de la deuxième partie du projet de loi de finances
pour 1999 (numéros 1078, 1111).
Industrie, poste et télécorumunications.
M. le Président. - La parole est à M. Jacques Guyard.
M. Jacques Guyard. - Ma question a trait à la réponse
que se doit d'apporter le service universel des télécommnunications
au problème spécifique des sourds et des malentendants.
Nous avons accumulé un grave retard dans ce domaine: nons faisons
désormais figurede lanterne rouge en Europe alors que nous étions,
il fut un temps, plutôt en avance avec le minitel et le dispositif
du 3618. le minitel a constitué une excellente réponse
aux problèmes de communication des sourds et des malentendants
; il exigeait évidemment qu'il yait un appareil aux deux bouts
de la ligne Or il laisse de plus en plus place aux micro-ordinateurs
et à Internet, qui reviennent évidemment beaucoup plus
cher.
Plusieurs pays voisins ont trouvé une réponse adaptée.
Ainsi, en Grande-Bretagne, pourtant caractérisée par un
cadre réglementaire ultralibéral, 20000 abonnés,
pris en charge par British Telecom sur injonction de l'OFTEL, sont raccordés
à un service qui les met en cornmunication avec un opérateur
facilitateur chargé d'assurer la liaison avec leur interlocuteur
Ce système a en outre l'avantage d'apprendre aux non-handicapés
à converser avec des malentendants. Aux Etats-Unis, j'ai constaté
avec surprise qu'il existe un service du mème type, financé
par un fonds alimenté par les factures de téléphone.
En france, nous n' avons qu'un service archi expérimental qui
concerne vingt personnes Créer un système de type anglais
supposerait de recruter à terme à peu près 300
personnes et de prévoir une dépense globale d'une centaine
de millions de francs.
Nous avons aujourd'hui à définir les conditions de mise
en place des tarifs sociaux dans le secteur des télécommunications.
Le financement en est prévu. Comptez-vous, monsieur le secrétaire
d'Etat, y traiter cette question, ce qui apporterait une extraordinaire
ouverture sur le monde à plus de 500000 de nos concitoyens?
M. le président. - La parole est à M. le secrétaire
d'Etat.
M. le secrétaire d'Etat à l'industrie. - Monsieur
le président Guyard, dans un monde où la communication
devient une des données essentielles, il est en effet difficile
d'adrnettre que 3 inillions de personnes souffrant d'un défaut
d'audition ne puissent avoir accès à l'ensemble des moyens
de comunications. France Télécom est attentif à
leurs difficultés. Ainsi, tous les publiphones sont dotés
d'un dispositif d'amplification et France Télécorn met
au point une nouvelle génération de cabines dotées
d'un écran de taille significative pour afficher plusieurs services
en ligne disponibles.
Pour l'usage privé, les abonnés malentendants disposent
d'un choix d'appareils spécifiques d'un coût abordable.
Mais c'est surtout par le Minitel que l'on peut résoudre une
partie du problème auquel sont confrontées 3 millions
de personnes. Grâce au 3618, un service peut être apporté
en cas d'impossibilité totale d' écoute.
Peut-on envisager une prise en charge partielle du coût de ce
service dans le cadre des tarifs sociaux prévus dans le cadre
global du service universel ? il me paraitt tout-à fait légitime
d'en étulier la possibilité, sachant que cette éventualité
doit être examinée au regard de l'évolution queje
crois possible de la tarification de ce service.
Je suis naturellement disposé à étudier avec la
commission supérieure du service public de la poste et des télécommunications
toutes les suggestions que celle-ci pourrait nous présenter.
Je vous invite, monsieur le président Guyard, à vous rapprocher
de mes services afin que nous les étudions concrètement
avant de les proposer ensuite à France Télécom.
Dans l'immédiat, il faut ajouter que le développement
d'Internet est aussi un des moyens pour les malentendants et les sourds
de communiquer dans des conditions de prix, chacun le sait, avantageuses
; en effet, Intemet permet un dialogue écrit en direct, national
et international, pour le prix d'une communication locale. le développement
d'Internet permettra de réaliser de nouveaux progrès pour
satisfaire les besoins en communication d'une clientèle à
laquelle, je vous le confirme, nous sommes très attentifs. J'attends
vos propositions et celles de votre commission ; nous essaierons de
les mettre en oeuvre.
Monsieur Jacques Guyard. - Espérons Le! Ass. Nat. 13 novembre
1998.
DA
- LSF - ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
Réponse à la question écrite Assemblée Nationale
no 18960 du 14 septembre 1998 de M. Alain Bocquet.
Question :
M. Alain Bocquet attire l'attention de M. le ministre de l'éducation
nationale, de la recherche et de la technologie sur l'intérét
psychologique, social et culturel d'intégrer la langue des signes
française aux programmes d'enseignement et d'examen des établissements
du secondaire au même titre que les langues étrangères,
les langues régionales et les langues anciennes. Depuis 1991,
le texte de loi a rendu officiel le choix entre une éducation
basée sur le français et une éducation bilingue,
mais aujourd'hui encore beaucoup d'établissements scolaires spécialisés
n'offrent pas, ou peu, la possibilité d'apprendre la langue des
signes. Or plus de 95% des enfants sourds sont issus de parents entendants
et, de ce fait, l'apprentissage de la langue des signes est difficile
en dehors du système éducatif. La reconnaissance de la
langue des signes françaises au baccalauréat donnerait
un cadre éducatif garant de son respect pour les générations
futures et répondrait à l'élan de solidarité
qui s'engage un peu partout en France en faveur de l'avenir des sourds.
De plus, il peut paraitre contestable d'apprendre une troisième
langue à transmission orale à des enfants sourds, qui
rencontrent déjà beaucoup de difficultés dans l'apprentissage
du français. les élèves sourds ont certainement
mieux à faire qu'à concentrer leurs efforts sur les langues
étrangères, en apprenant la langue naturelle des sourds,
mais aussi en renforçant leur maltrise du français. Chacun
sait que la connaissance de deux langues est source d'enrichissement
; les adolescents devraient donc pouvoir choisir la langue qui leur
sera utile. Compte tenu de l'intérêt à aider chacun
à trouver sa place dans notre société, il lui demande
de bien vouloir faire connaître les dispositions que compte prendre
le Gouvernement en la matière.
Réponse:
Actuellement la réglementation du baccalauréat prévoit
l'utilisation de la langue des signes lors des époeuves orales
mais précise que l'évaluation ne peut en aucun cas porter
sur la capacité du candidat à s'exprimer à l'aide
de ce mode de communication. Le travail confié à l'assistant
interprète présent lors de l'interrogation doit se limiter
à la traduction la plus exacte possible des questions de l'examinateur
et des réponses du candidat. Pour le ministère de l'éducation
nationale, de la recherche et de la technologie, les conditions nécessaires
à une réelle intégration des élèves
présentant un handicap auditif passe par la possession d'un niveau
minimum de communication et de maitrise de la langue française.
Dans cet esprit, la langue des signes doit toujours etre associée
et ne peut etre étudiée pour son seul objet. Elle constitue
un outil au service de la démutisation des élèves
et facilite chez ceux-ci le développement de la conceptualisation.
Avec cet objectif elle est enseignée et utilisée dans
les collèges et les lycées par les élèves
handicapés réunis dans une même classe avec les
autres élèves. Cette position a été exprimée
à de nombreuses reprises dans les groupes de travail en partenariat
mis en place par la délégation interministérielle
aux personnes handicapées. Elle rejoint la préoccupation
de la ministre de l'emploi et de la solidarité en ce domaine
qui considère qu'il s'agit d'une condition obligatoire pour permettre
aux élèves d'accéder aux apprentissages scolaires
et professiounels seuls en mesure de garantir ultérieurement
une intégration pleine et entière. En outre, il apparait
que cette demande ne reflète pas la position du l'ensemble du
mouvement associatif regroupant des persounes atteintes de handicaps
auditifs. Nombre de familles sont convaincues que l'intégration
impose l'apprentissage et la maitrise des techniques de lecture labiale,
de la méthode verbotonale, du français signé ou
du langage parlé complété. Il semble toutefois
que cette demande de prise en compte de la langue des signes à
l'examen du baccalauréat reflète la grande difficulté
qu'ont certains candidats handicapés à acquérir
des compétences à la fois en langue française et
dans plusieurs langues étrangères. Aussi, il est envisagé
d'exempter dans certains cas les candidats qui le souhaiteraient de
l'épreuve obligatoire de langue vivante 2 du baccalauréat
; le coefficient de l'épreuve obligatoire de langue vivante 2
serait alors neutralisé.
JO AN (Q) n° 41 du 12 octobre 1998.